Le Dodo, l’oiseau emblématique de l’île de la Réunion et de Maurice
Le dodo, oiseau emblématique et tragiquement disparu, a captivé l’imaginaire collectif depuis des siècles. Pour ma part, j’ai une affection toute particulière pour cet oiseau au destin bouleversant. C’est d’ailleurs cette admiration qui m’a inspirée, cette année, la création de tasses en poterie artisanale réalisées en sa mémoire.
Originaire des îles Mascareignes, principalement de l’Île Maurice et, selon certaines théories, également de l’Île de la Réunion, le dodo était un oiseau non volant. Il est aujourd’hui devenu un symbole fort de l’impact destructeur de l’activité humaine sur la biodiversité.
Dans cet article, je vous propose de découvrir plus en profondeur l’histoire du dodo dans nos îles : sa découverte, les causes de son extinction, et l’héritage culturel qu’il continue de transmettre à travers les siècles.
Origines et découverte
Les dodos (Raphus cucullatus) appartenaient à la famille des pigeons. Ils ont évolué dans les Mascareignes, un archipel volcanique isolé situé dans l'océan Indien, au sud-ouest de l'Inde. La première mention des dodos remonte aux explorateurs portugais au début du XVIe siècle. Cependant, ce sont les Hollandais qui ont réellement documenté l'existence de ces oiseaux lors de leur colonisation de l'Île Maurice au début des années 1600.

Héritage culturel du dodo
Le dodo occupe une place forte dans la culture populaire, de la littérature aux marques contemporaines. Il est notamment rendu célèbrepar Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll , où il incarne un personnage décalé, aussi singulier que symbolique. Cette œuvre emblématique a par la suite été adaptée au cinéma, notamment en film d’animation par les studios Walt Disney, contribuant à ancrer durablement le dodo dans l’imaginaire collectif. Il est également présent dans l’univers du luxe à travers la marque de joaillerie Dodo, reconnue pour ses collections limitées de bracelets, charms et pendentifs à l’effigie de l’animal.
Dans l’océan Indien, le dodo est devenu un véritable emblème culturel, notamment sur mon île, à La Réunion avec la bière Dodo, produite par Brasseries de Bourbon. On retrouve également son image au quotidien à travers les emblématiques chaises à l’effigie de la marque, souvent installées devant les cases (maisons) ou dans les kiosques des quartiers, lieux de pause et de partage où l’on se rafraîchit tout en observant le paysage ou les passants.
Symbole de fragilité, de mémoire et de biodiversité, le dodo continue d’inspirer et de traverser les époques, entre héritage culturel et création contemporaine.

Île de la Réunion
Bien que le dodo soit principalement associé à l'Île Maurice, des indices suggèrent qu'une espèce de dodo ou un proche parent aurait pu vivre sur l'Île de la Réunion. Les explorateurs français et hollandais ont rapporté la présence d'oiseaux similaires au dodo, appelés "dodos blancs" ou "dodos de Réunion", possédant un plumage différent. Toutefois, ces récits sont moins nombreux et moins détaillés, rendant difficile la confirmation scientifique de leur existence.
Caractéristiques du dodo
Le dodo mesurait environ un mètre de haut et pesait entre 10 et 18 kg. Adapté à une vie terrestre, il avait des ailes atrophiées, rendant le vol impossible. Ses pattes robustes et son bec crochu caractérisaient son apparence unique. En raison de l'absence de prédateurs naturels, le dodo avait développé un comportement confiant et curieux envers les humains.

Arrivée des hommes et conséquences
L'arrivée des colons européens dans les Mascareignes a marqué le début du déclin rapide du dodo. Les marins hollandais, français et britanniques ont introduit des animaux domestiques et sauvages tels que les rats, les cochons et les macaques, qui se sont attaqués aux œufs et aux petits dodos. De plus, la chasse par les colons affamés a considérablement réduit la population de dodos.
Déforestation
La déforestation pour l'établissement de plantations de canne à sucre et d'autres cultures a également détruit l'habitat naturel des dodos. Les forêts denses qui couvraient autrefois l'Île Maurice ont été progressivement remplacées par des terres agricoles, limitant les ressources alimentaires et les sites de nidification pour les dodos.
Extinction
Le dernier dodo a probablement disparu vers la fin du XVIIe siècle, environ 100 ans après la première observation par les Européens. En 1681, l'explorateur hollandais Volkert Evertsz a rapporté la dernière observation crédible d'un dodo vivant. Cependant, la date exacte de l'extinction reste incertaine, en partie à cause du manque de documentation rigoureuse de l'époque.
Impact de l'extinction
L'extinction du dodo a eu un impact symbolique profond sur la perception de l'extinction des espèces. Il est devenu l'emblème de la fragilité des écosystèmes insulaires face aux perturbations humaines. La disparition du dodo a également conduit à une prise de conscience progressive de la nécessité de préserver la biodiversité.
Redécouverte et études scientifiques
Après sa disparition, le dodo est tombé dans l'oubli jusqu'à la redécouverte de restes fossiles au XIXe siècle. Les premiers squelettes partiels ont été trouvés dans le Mare aux Songes, une zone marécageuse de l'Île Maurice, en 1865. Ces découvertes ont suscité un regain d'intérêt scientifique et ont conduit à des études approfondies sur l'anatomie et l'écologie du dodo.

Recherches modernes
Des avancées technologiques récentes, telles que l'analyse ADN et la modélisation 3D, ont permis de mieux comprendre le mode de vie et l'évolution du dodo. Des études sur l'ADN ancien extrait des ossements ont révélé des informations sur les relations phylogénétiques du dodo avec d'autres pigeons et oiseaux non-volants. Ces recherches ont également éclairé les causes génétiques et environnementales de sa perte de capacité à voler.
Initiatives de conservation
L'extinction du dodo a également inspiré des initiatives de conservation pour protéger les espèces menacées dans les Mascareignes et au-delà. L'Île Maurice, en particulier, a mis en place des programmes pour restaurer les habitats naturels et réintroduire des espèces endémiques telles que l'oiseau de roche de Maurice (Pseudobulweria aterrima).
Conclusion
L'histoire du dodo est une leçon poignante sur les conséquences irréversibles des actions humaines sur les écosystèmes insulaires fragiles. Bien que le dodo soit disparu depuis des siècles, son héritage perdure dans les efforts de conservation et la conscience écologique globale. En rappelant l'histoire de cet oiseau unique, je souhaite inciter ma communauté à protéger la diversité de la vie sur notre île et notre planète pour les générations futures.
Les prochains évènements
Des ateliers créatifs publics, imaginés avec des entreprises locales, pour vivre des expériences riches en rencontres, en transmission et en partage.
Je crois en la puissance de l'art pour rassembler les gens et adoucir nos vies.



